mardi 8 avril 2008

Sans titre...

Je n'avais pas posté ici depuis longtemps. Ça commence mal, panne d'inspiration pour le titre, ça m'arrive rarement...
Je suis un peu déboussolée par mon retour à "la maison" qui une fois de plus est bien difficile. Heureusement je travaille un peu cette semaine, ça va me permettre de m'occuper l'esprit un minimum, histoire de ne pas trop cogiter.

Je m'ennuie, terriblement, mais je n'ai paradoxalement pas envie de me trouver une occupation, de sortir, de voir du monde. Non, ce que je veux peut avoir des airs de caprices : je veux y retourner. Ça ne fait que 3 jours qu'on ne s'est pas vus et pourtant j'ai l'impression que ça en fait le triple tant il me manque.

Avec le temps, les choses se complexifient. Ce n'est pas la relation en elle-même, non, sur ce point ça serait même le contraire, mais plutôt le fait de devoir le laisser à chaque fois. On prend notre rythme de croisière, nos petites habitudes, on apprend à vivre ensemble, dans le même appartement, c'est finalement plus simple que je ne l'imaginais. Alors lorsqu'il est l'heure de repartir, je me sens toute vide à l'intérieur, comme si la meilleure partie de moi restait avec lui...

Il le sait, il compte plus que tout pour moi. Ce petit séjour m'a confortée dans l'idée que "c'est lui". Je nous découvre encore, bien qu'on se connaisse depuis plus d'un an, des parcelles de lui qui s'ajoutent aux nombreux points communs que nous avons déjà.
Je ne pensais jamais trouver quelqu'un qui comprenne mon histoire, la façon particulière dont je l'ai ressentie, qui partage mes opinions politiques, avec qui je puisse tantôt comploter, tantôt parler librement de tout, plaisanter ou être sérieuse, avec qui je puisse être moi sans qu'il ait envie de me changer, avec qui je n'ai plus peur de rien grâce à sa simple présence près de moi.
Pourtant je l'ai trouvé, on s'est trouvés...

samedi 5 avril 2008

I don't worry... don't I?

Voilà, le cycle infernal recommence. La voilà loin de moi, à des centaines et des centaines de kilomètres, inaccessible, étherée, evanescente, presque soluble dans le flux immatériel des conversations internautiques. Elle m'a laissé une longue lettre, dont je connaissais déjà le contenu avant même de la lire. Nous nous connaissons par coeur, c'est fou comme ça peut être instinctif parfois.

Problème de cet amour facilement qualifiable de fusionnel: chaque séparation est vécue comme une perte d'un morceau de soi. C'est plus que de la solitude, c'est le fait d'arracher une moitié, de se sentir terriblement triste à chaque morceau de musique écouté, à chaque image vue, à chaque pièce parcourue du regard.

A mesure que l'échéance tant attendue approche, l'attente se fait de plus en plus difficile, les pleurs plus intenses. Les moyens alternatifs (skype, gtalk...) ne suffisent plus à combler ce vide qui peut entourer mon coeur d'ordinaire si solitaire et fermé. J'attends, j'attends beaucoup trop, malgré cette fausse confiance tranquille que j'affiche quand ses yeux apeurés parcourent les miens à la recherche d'un réconfort, d'un signe de contrôle de la situation. Difficile, face à ses grands yeux bleus effrayés, d'avouer que je suis mort de trouille à l'idée de la perdre pour plusieurs jours, que j'ai toujours peur qu'il arrive quelque chose quand je ne serais pas là.

L'essentiel est qu'à l'instant t elle croie que je suis sûr de moi.

samedi 29 mars 2008

Enfin...

J'ai été extraordinairement silencieux ces derniers temps. Trop, peut-être. Il faut dire que j'ai voulu m'imposer ce silence pour ne pas exploser. Les relations conflictuelles entre Wilde et sa mère allant de mal en pis, j'ai préféré ne pas prendre position dans cette affaire, afin de ne pas mettre ma moitié dans une situation embarrassante, face à mon caractère volcanique.
Je me contiens, difficilement je l'avoue. Voir que rien ne change, que chacune reste sur ses positions et que tout cela se finira sur un désaccord alors que c'est sans doute la relation la plus importante de sa vie, plus importante sans doute que la nôtre. Moi qui ai tant souffert dans mes relations familiales, j'aimerais secouer très fort ces deux femmes afin que chacune comprenne le point de vue de l'autre, et fasse un effort - surtout la plus âgée des deux, je l'avoue.
Heureusement, demain, Wilde sera là. Demain, j'oublierai tout. Même ce blog.

mardi 25 mars 2008

Passage à vide

Ces derniers jours sont bien difficiles. Je ressens de plus en plus le manque de mon Oscar dont je suis loin en ce moment...
Ce sont de ces semaines où rien ne va, pas même moi. L'autre jour il parlait de la consolation à distance, elle peut parfois nous donner un sentiment d'impuissance horrible. Quand il ne va pas bien j'en arrive à culpabiliser d'être si loin. Je n'ai pas la prétention de penser que ma présence pourrait changer son état mais le savoir tout seul à déprimer certains soirs me fait mal. Quand on le blesse, c'est comme si on m'atteignait un peu aussi.
Dans ces cas là, plus encore que d'habitude, j'aimerais pouvoir être là, le prendre dans mes bras, lui dire que tout va s'arranger...

Les choses ne vont pas mieux à la maison et je m'aperçois que je suis face à un choix : partir pour vivre ma vie ou rester en renonçant à mon bonheur à ses côtés. Il est fait, je suis en train de préparer mes dossiers d'inscription pour là bas.

J'attends avec impatience de recevoir le virement de ma paye pour pouvoir repartir le voir. Lamartine affirmait qu'un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Je n'imaginais pas avant qu'il puisse avoir raison. Je ne concevais pas le fait de pouvoir avoir besoin de quelqu'un un jour. Pourtant j'ai besoin de lui, de savoir qu'il est là et que tout ira bien. Les choses me semble si fades quand je rentre.

Les discours pessimistes me dépriment alors mon optimisme et moi, on les emmerde. Ceux qui pensent que je fais la plus belle erreur de ma vie, je leur dit d'attendre de voir avant de me balancer leurs préjugés à la gueule. Nous on y croit et c'est quand même le plus important dans l'histoire.
Bientôt toutes ces questions ne se poseront plus de toute façon...

vendredi 21 mars 2008

Consolation à distance.

C'est peut-être ça le plus dur pour un homme: devoir consoler la femme qu'il aime alors qu'elle est à plusieurs centaines de kilomètres. Sentir, à travers le téléphone, le rythme du coeur de Wilde s'accélérer, son souffle devenir court, et ses yeux pleurer. Tout cela me déchire le coeur, chaque jour un peu plus, car chaque jour apporte une nouvelle altercation avec sa mère ou un autre de ses proches, la dernière en date étant un vieux débris qui ferait mieux de retourner à sa littérature Télérama et vivre un peu la vraie vie, au lieu de porter un regard aigri sur celle des autres.
J'enrage. J'enrage de voir tous ces cons si statiques autour de nous, alors que nous tentons tout pour vivre vraiment ensemble, que nous sommes toujours dans le mouvement. Fuite en avant, diront les esprits chagrins. Je les balaie du plat de la main, je les emmerde. Ce sont ces petits bras qui renforcent, jour après jour, ma motivation.
Je porte notre relation comme une cause, une valeur que je défends, jour après jour. Entretenir une relation difficile sur le papier comme la nôtre prend parfois des allures de militantisme, un militantisme acharné digne des plus radicaux. Un militantisme qui peut parfois, pour ma part, se révéler très sectaire: j'envoie systématiquement chier, dans un gros coup de colère dont j'ai le secret, les moralisateurs à la petite semaine qui doivent avoir une vie aussi pleine que leurs têtes et, pour citer Aznavour, "préc[èdent] de "moi" toute conversation".
Courage Wilde, bats-toi. C'est ma méthode pour consoler.

Back, desperately back...

Rentrée dans cette maison où je ne me sens plus chez moi, je n'ai même pas encore eu la force de mettre les pieds dans ma chambre.
Je vais me retrouver entre ces quatres murs blancs, avec son image en tête, plein de beaux souvenirs, de photos, de vidéos et de projets aussi, mais l'essentiel me manque déjà : lui.

Machinalement en rentrant j'ouvre mon courrier, je n'aurais pas dû. Une lettre de la fac dont je ne fais pas grand cas, des prospectus que je balance sans même les avoir regardés et une grande enveloppe. Dedans des papiers que j'attendais depuis une semaine, plein d'infos qui vont me permettre d'y voir plus clair pour l'an prochain et une lettre. Je devrais plutôt dire un coup de poignard.
Les bons sentiments des uns et des autres ne conduisent pas forcément à de bonnes choses, ce torchon en était la démonstration. Je vomis tous ces gens qui se permettent de porter un jugement sur des faits qui les dépassent manifestement. Pour être un bon juge, il faut connaitre son dossier, ce n'était pas le cas, je suis déçue et blessée parce qu'une fois de plus, je m'attendais à mieux. Mais j'encaisse, je sais très bien le faire. Je puise aussi ma force dans son soutien, parce que je sais que mon petit Oscar est là.

Tout ça avait fait naitre quelques doutes, avant cette semaine, assez identiques aux siens : est-ce que ça en vaut vraiment la peine, est-ce qu'on pourra attendre, est-ce qu'on sera assez forts pour ça ou encore, comme il le dit si bien "est-ce que cette situation est viable". Maintenant je n'en ai plus aucun là dessus.
Et puis si on ne prend jamais de risque dans la vie, on reste éternellement des pisse-froid ! Certains choisissent de ne pas en prendre par "réflex d'auto-protection" mais poussé à l'extrême c'est un raisonnement stupide qui nous empêche d'avancer. Les risques sont partout, l'essentiel est de savoir les mesurer pour savoir lesquels valent le coup d'être vécus... Nous sommes jeunes, nous avons la vie devant nous et ce n'est pas dans une trentaine d'années qu'il faudra se dire qu'on regrette. Je préfère les remords aux regrets de toute façon.

En lisant la note d'Oscar, je m'aperçois que je suis pareille que lui : mon premier geste en rentrant chez moi est de me précipiter sur l'ordinateur, manteau encore sur le dos, pour regarder si il ne m'a pas laissé un quelconque message, si il a écrit une nouvelle note, etc...

Notre petit train-train des "bidouillages virtuels" recommence, pour un temps : messagerie instantanée, textos, blogs, téléphone et skype (surtout maintenant que nos webcams fonctionnent). On fait tout ce qu'on peut pour que le manque soit moins violent, en attendant que je le rejoigne, ce que je ferai avec ou sans l'approbation de mes proches qui devraient se garder de certains conseils de lecture un peu limites !

Application.

Le bois clair de mon bureau a quelques aspérités. Il fait un temps étrange dehors et dedans: grisaille, pluie, et soleil flamboyant. Je communie littéralement avec ce qui m'entoure, afin de trouver un peu de réconfort, en espérant que ce lyrisme baveux me réchauffera quelque peu.
Wilde est partie. Le jeu habituel recommence.
Vous parlez d'un jeu, me direz-vous, et vous aurez tort. Un jeu n'est pas censé être drôle, ni même divertissant. C'est juste un rythme particulier donné à quelque chose qui ne l'est pas. Cette situation n'est pas tant particulière: elle fait juste mal si elle est considérée basiquement et sans aucun recul. Ressentir cette situation est terrible: ce qu'il faut, c'est la vivre, pour oublier et "être dedans". Vorstellung.
Tout va recommencer, cette routine à distance que j'essaierai difficilement d'expliquer: dès que je rentre du travail, me précipiter sur l'ordinateur pour voir si j'ai reçu des mails, si elle m'a laissé quelque message caché, si elle a posté une nouvelle note sur son blog. On se voit par messagerie instantanée, on s'endort ensemble sur Skype. Tout est virtuel, et pourtant elle semble si près...
Je me suis longuement demandé si cette situation était viable. Après tout, nous ne nous voyons pas si souvent, et ce n'est pas un assemblage de sons et d'images qui fait une relation. Mais je suis désormais au-delà de ces craintes. Même si parfois la lassitude me gagne, j'essaie, bon an mal an, de me dire que tout cela n'est que provisoire et qu'elle me rejoindra bientôt.
J'y crois, en tout cas.